Girl

Genre : Drame
Sortie le : 10/10/2018 (01H46)
Réalisateur : Lukas Dhont
Acteurs : Victor Polster, Arieh Worthalter, Katelijne Damen…

Lara, 15 ans, rêve de devenir danseuse étoile. Avec le soutien de son père, elle se lance à corps perdu dans cette quête d’absolu. Mais ce corps ne se plie pas si facilement à la discipline que lui impose Lara, car celle-ci est née garçon.

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Critique

Par Mathieu Perrichet - posté le 08/10/2018

Corps à corps

Après deux courts métrages, dont l’un a été nominé aux Oscars en 2015, le réalisateur belge Lukas Dhont change d’envergure avec Girl, son premier long. De quoi déballer une fois de plus son talent, puisque le film a obtenu de nombreuses nominations lors du dernier Festival de Cannes, dans la catégorie Un Certain Regard, remportant la Caméra d’or et le prix d’interprétation. Néanmoins, loin de nous arrêter à ce brillant constat, nous voulions nous forger notre propre avis. Résultat, grand bien nous en a pris, tant les critiques élogieuses dont nous avions eu vent à l’égard de Girl sont méritées. Dans ce long métrage d’outre-Quiévrain, Lara est une adolescente de 15 ans qui rêve de devenir danseuse étoile. Mais pour atteindre son rêve, elle doit aussi se battre avec un corps masculin dans lequel elle est née. C’est ainsi aux prémisses de sa métamorphose physique que le jeune cinéaste s’intéresse, livrant un très beau film de société, profondément humain. Mettant en scène un corps à corps que mène seule l’adolescente. A travers ses joies, ses doutes, ses victoires, ses peurs, son impatience, ses déconvenues, ses interrogations, ses émois, le spectateur découvre le long chemin semé d’embuches, de défis, qui s’ouvre à elle, pour qu’enfin elle puisse s’accepter, s’aimer. Avec intensité et sobriété, élégance et intelligence, Girl a l’audace d’aborder sur grand écran un sujet - celui du genre - délicat, voire carrément tabou pour bon nombre et ô combien d’actualité, avec un incroyable tact. Il faut dire que Lukas Dhont a pu s’appuyer sur un tout jeune comédien épatant, Victor Polster, qui livre une performance époustouflante. Au diapason, Arieh Worthalter, qui interprète son père, gratifie aussi le public d’une prestation impeccable. Ce film poignant, plein de dignité et lumineux a quelque chose de vibrant. Il est une ode à la tolérance, à l’ouverture d’esprit, et touche en plein cœur. La beauté de tels longs métrages, lorsqu’ils sont aussi réussis, est de pouvoir ouvrir les yeux sur des situations souvent méconnues, mal comprises. Et ainsi de participer, parfois, à briser les préjugés, faire évoluer les mentalités. Le cinéma prend alors une autre dimension. Dans tous les cas, les Belges ont beau ne pas être champions du monde de foot, ils continuent de prouver qu’ils savent s’y prendre dans les salles obscures. 
Aucune raison pour eux d’avoir le seum de ce côté-ci.                       

Mathieu Perrichet


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