People/Cinema - Par Mathieu Perrichet - posté le 09/10/2018

Rencontre avec Jean-Paul Rouve

C’est en toute décontraction, en plein été indien, que Jean-Paul Rouve est venu défendre les couleurs de son cinquième long métrage, Lola et ses frères, une comédie familiale on ne peut plus classique.

Comment vous est venue l’idée de ce film ?
Un peu comme ça. Moi, c’est la vie qui m’intéresse, qui m’inspire. Celle de tous les jours. Dans sa simplicité, sa complexité, sa vérité. Ce quotidien que nous vivons tous, constitué de moments drôles, tristes, douloureux, etc. L’être humain me fascine, me passionne. C’est de cela, tout simplement que nous voulions parler avec David Foenkinos.

Comment vous êtes-vous rencontrés avec David Foenkinos, avec qui vous avez co-écrit ce film ?
J’ai connu David Foenkinos grâce à Emilie Simon qui a fait la musique de son film La délicatesse et du mien, Quand je serai petit. Cette rencontre a été la plus belle de ma carrière. Il y a une vraie alchimie entre nous. C’est comme de l’amour. Tous deux, nous nous intéressons aux petites choses de la vie. Il est bienveillant, plein d’humanité. Nous partageons le même humour. D’ailleurs, nous écrivons d’ores et déjà un autre long métrage ensemble. 

Avez-vous pioché dans votre propre histoire pour imaginer ce film et cette fratrie ?
Je  suis fils unique donc pas vraiment. Ce qui m’intéresse quand je fais un film, c’est avant tout le côté ludique. Comme les enfants, j’aime inventer des histoires. Et j’essaie d’éviter d’insérer des éléments autobiographiques car cela peut bloquer. Je préfère me sentir le plus libre possible, avoir face à moi un maximum de possibilités, ne pas me sentir bridé. Après, on met forcément un peu de soi dans un film.

Etait-ce important pour vous d’ancrer votre film dans une vraie quotidienneté, avec des personnages « normaux », etc. ?
En effet. Je voulais vraiment de la réalité, de l’authenticité. Par exemple, souvent dans les films, les gens ont des métiers hors normes. Mais moi, je voulais donner à mes personnages des professions du quotidien, bien ancrées dans la vraie vie. Le métier d’un individu est important car cela tient une place essentielle dans nos vies. Par ailleurs, j’ai voulu sortir de Paris car je voulais un endroit qui soit moins anonyme qu’une grande ville. Toutefois, je ne voulais pas non plus d’une trop petite ville où tout le monde se connait. Notre choix s’est porté sur Angoulême un peu par hasard. Malgré tout, cela reste du cinéma donc c’est la vraie vie vue à travers un filtre particulier. Un peu comme les photos Instagram que l’on a un peu rognée, modifiée…

Comment vous y êtes-vous pris pour confectionner cette fratrie ?
Je n’ai pas cherché à prendre des comédiens qui se ressemblaient physiquement. Cela ne m’importait pas vraiment. Ce que je voulais, c’est qu’il y ait une vraie alchimie. C’est au niveau de l’attitude, des regards, que cela se joue davantage. Pour cela j’ai pu m’appuyer sur de super acteurs, qui ont bien compris l’idée du film, ont joué le jeu et pris du plaisir à travailler ensemble. En fait, je n’ai aucun mérite. Ce sont eux qui rendent cette fratrie crédible.

Comment avez-vous pensé à Ramzy pour incarner ce gendre idéal ?
Je connais très bien Ramzy depuis longtemps. Et ce côté que je montre de lui est ce qui se rapproche le plus de ce qu’il est aujourd’hui. Avec l’âge, il a pris de l’épaisseur. Il a les pieds sur terre. Je trouve dommage qu’on ne lui propose pas davantage de rôle de ce genre.

Etait-ce évident pour vous d’à nouveau jouer dans votre film ?
A l’origine, je ne devais pas jouer dedans car réaliser et jouer en même temps c’est fatiguant. Mais le comédien que nous avions choisi n’a finalement pas pu se joindre au projet. Du coup, j’y suis allé. Le premier jour, je n’étais pas heureux. J’avais peur de ne faire les choses qu’à moitié. Finalement, je me suis amusé et cela n’a rien enlevé à mon rôle de metteur en scène.

A quel point travaillez-vous vos personnages ?
Enormément. J’aime les personnages complexes qui évoluent au fur et à mesure du film. Comme dans la vraie vie. Tout n’est pas noir, ou tout blanc. J’aime casser les a priori quand je fais un long métrage, faire changer d’avis sur les protagonistes à l’écran en les accompagnant. De même, je soigne tous mes seconds, et même mes troisièmes rôles. C’est super important. Je peux passer des semaines à trouver le bon comédien et la bonne réplique à mettre dans leur bouche.

Y a t-il eu de la place à l’improvisation ?
Non. Les acteurs savaient leur texte au cordeau car ils voulaient être au plus près de leurs personnages et ne pas laisser José Garcia ou Ramzy transparaître.

Propos recueillis par Mathieu Perrichet

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