Après quelques mois de « pages blanches », les éditions Xiao Pan reviennent avec des œuvres originales (La voie de la sagesse), et lancent une nouvelle collection, « Carré d’Art », dont L’essence de la vie est le jeune premier. Destinée à accueillir un format de bande dessinée particulier, cette collection permet aux illustrateurs chinois de s’exprimer sous une forme qu’ils privilégient habituellement, à savoir la vignette. Entre album pour enfants, recueil de pensées et conte pour adultes, L’essence de la vie est un récit poétique, qui allie le rêve éveillé au voyage initiatique.
Déjà grand de ses questions existentielles (dans quel but les hommes vivent-ils ?), Xiao Lu se décide à quitter le cocon familial et les épaules protectrices de son père, pour trouver le sens de sa propre existence, et entrer dans l’âge adulte. Jalonné de rencontres, son parcours lui fait découvrir des lieux inédits, chacun porteur d’un message qui le fait avancer. Jeune, et donc ouvert à tout ce qui l’entoure, le héros encapuchonné, sorte de Petit Chaperon Rouge au masculin, apprend d’abord l’amour. Alors que toute une palette de sentiments, jusque-là inexplorés, s’offre à lui, c’est finalement dans les tréfonds de son âme, et seulement après avoir appris à connaître ses forces et ses faiblesses, qu’il va pouvoir formaliser l’orientation qu’il souhaite donner à sa vie.
Evidemment métaphorique, cet ouvrage collectionne symboles et petites idées pour illustrer au mieux l’apprentissage de Xiao Lu. Pour mettre en images un propos issu de la part féminine de son être, Li Zhi Hei a recours à une méthode graphique qui lui est chère, celle des graffitis sur ordinateur. Légèrement pixellisés, ses dessins attirent grâce à leur lisibilité, et à une palette de couleurs extrêmement variée et chatoyante.
Petit ovni de la bande dessinée, L’essence de la vie est un partage, presque un don de soi, qui mérite le détour.