Synopsis
Voici qu’en 1944, Hitler, en mal de descendance, découvre que le seul fils naturel qu’il ait eu est Dickie… Recherché par le Furher qui sent sa chute venir, et par les Alliés qui veulent l’éliminer, la vie du pauvre Dickie se complique singulièrement…
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Critique le 23/06/2010 par Nathalie Rézeau
Les deux font le père
La nouvelle est de taille : quelque part au détour d’une des tranchées de la guerre 14-18, Hitler a une aventure avec la femme de ménage d’un hôpital militaire. De cette courte « union » naît un garçon, le fils d’Adolf, donc, surnommé Dickie. Ainsi, pour le cinquième album de ce personnage muet, la filiation est un peu lourde à porter. D’autant plus quand son père est responsable de la mort de son amour (à sens unique) juif, et qu’il a des velléités, à la Elvis Presley, de laisser planer le doute quant à sa mort. Dès lors que le Führer est deux, est-ce lui ou bien son fils dont on a retrouvé le corps dans le Bunker, dernier vestige d’un Reich en plein déconfiture ?
Certes, l’ensemble est absurde, le ton carrément cynique et l’Histoire largement détournée. Mais Pieter de Poortere récupère à son compte les principaux événements de cette période plus que trouble (les convois de trains, les camps de concentration, ou l’attentat manqué du Colonel Stauffenberg, déjà évoqué dans le film Walkyrie), prend une plume aux apparences innocentes (des silhouettes simplifiées, bonhommes Lego aux contours épais) pour aller à l’essentiel.
En quelques planches - des gags en une page regroupés en chapitres distincts - il aborde la collaboration, la résistance, donne un rôle à Eva Braun, et brosse les grands principes du fascisme avec des tableaux d’ensemble. L’idée est excellente, d’autant que l’absence de dialogues concentre toute la richesse de narration sur le dessin et la mise en scène.
Un véritable tour de force à deux doigts de la provocation, en tout cas en plein dans l’interpellation, fine et acerbe à souhait.
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