Synopsis
En Écosse, au XVIIIème siècle, au manoir des Durrisdeer vivent les deux frères Durie. James, le Maître de Ballantrae, l'aîné de la famille, est un libertin calculateur, ambitieux, amoral mais charismatique et respecté. Henry, le cadet, est quant à lui modéré et plus vertueux mais injustement mal-aimé.
En 1745, le pays est plongé dans une guerre civile lorsque le prince Charles Édouard Stuart, chassé du trône d'Angleterre en 1688, tente de le reprendre au roi George. Par opportunisme, James souhaite soutenir la cause des rebelles malgré l'avis contraire de son père et de son frère qui pensent qu'en tant qu'aîné il devrait rester au manoir afin de montrer sa fidèlité au roi George, et que c'est plutôt à Henry de s'engager auprès des Jacobites.
James scelle son destin et celui des Durrisdeer en allant malgré tout combattre aux côtés du prince Charles...
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Critique le 14/12/2007 par Nathalie Rézeau
Frères ennemis
Après avoir exploré l’œuvre de Bram Stoker avec son Dracula, Hippolyte s’attaque ici à un autre grand nom de la littérature, cette fois-ci d’aventures, avec Stevenson. Changement d’univers dit changement de style. Le maître de Ballantrae est un diptyque, aussi beau à l’extérieur qu’à l’intérieur. Sur un format standard, les éditions Denoël Graphic ont sorti deux superbes objets, qui mettent largement en valeur les somptueuses aquarelles de l’auteur, aux tons tour à tour pastel ou sépia.
Parfaits exemples du roman graphique, les ouvrages se dégustent en chapitres qui amènent au voyage. De l’Ecosse et ses châteaux chargés d’histoires familiales aux côtes de l’Amérique nouvelle, en passant par des Indes exotiques, le récit de Stevenson nous promène, pour décrire la relation haineuse de deux frères, acharnés à se détruire. Complots, enjeux de pouvoir, argent ou trésor enfoui, tous les ingrédients de la tragédie « à l’anglaise », donc Shakespearienne, sont réunis ici, pour le plus grand bonheur du lecteur.
Si Hippolyte s’appuie sur un scénario déjà écrit pour la littérature, il n’omet pas d’en tirer toute la quintessence, mettant en avant un sens de la narration et du dessin qui marquent une grande maturité, autant qu’une originalité indéniable. Une preuve que l’adaptation n’empêche en rien la création personnelle, tant les dessins et les dialogues, choisis avec précision, apportent un second souffle à un récit déjà très riche.
Si le vent de la zizanie souffle fort sur les côtés d’Ecosse, c’est à coup sûr celui du succès unanime qui entoure la parution du deuxième volet.
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