Ce quatrième opus assez plaisant de la saga créée par James Cameron en 1984 porte assez bien son nom, tant le guilleret Terminator 3 de Jonathan Mostow (2003) avait bien failli l’enterrer pour de bon. Paradoxalement, si le corps du film (l’humour et le détournement des codes) était empêtré dans la déférence envers son géniteur, c’est bien l’âme du Soulèvement des machines (notamment l’apparition de Kate Brewster, la future femme de John Connor, qui étoffait la mythologie) qui a su l’en délivrer, et ouvrir la voie à une nouvelle trilogie, dont Renaissance est ici le premier volet.
Changement de ton, résolument noir, de structure, et de décors : nous retrouvons John Connor en 2018, sauveur de l’humanité malgré lui, à la tête de la résistance contre l’ordinateur Skynet et son armée de Terminators (dont le T-600, l’ancêtre du modèle Schwarzenegger, brut de décoffrage). Son objectif : retrouver le jeune Kyle Reese (son futur père). Son conflit : tenir tête à son état-major qui prépare une attaque suicide. Son allié : Marcus, le chaînon manquant entre l’humain et la machine. Très efficace et fort de ses références discrètes (les fameuses Nike de Reese dans Terminator, le revival du You could be mine de Guns n’ Roses, les climax dans des décors industriels, la passion du deux-roues ou les cassettes de Sarah), Terminator Renaissance (peaufiné par le scénariste Paul Haggis) impose un univers cohérent (voire surprenant), un bestiaire riche mais partiellement exploité, et une relecture du mythe progressivement affranchie de la filiation castratrice à Cameron.
Reste que la coupe franche de 30 minutes du métrage en salles rend l’ensemble plus superficiel que prévu, notamment dans ses métaphores émotionnelles (on sourit, crispé, lors du fumeux « C’est notre cœur qui fait de nous des hommes »). But, they’ll be back, c’est sûr…