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Avatar


AVATAR


Genre : Fantastique et science-fiction
Sortie le 16/12/2009 (2h40)       Le site officiel
Réalisateur : James Cameron
Acteurs : Sam Worthington, Sigourney Weaver, Michelle Rodriguez
   

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Du 21/07 au 28/07
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Ce film n'est pas à l'affiche cette semaine
Synopsis

Sur la lointaine planète de Pandora, Jake Sully, un héros malgré lui, se lance dans une quête de rédemption, de découverte, d'amour inattendu, dont l'issue sera un combat héroïque pour sauver toute une civilisation.


Critique le 16/12/2009 par Jean-Marc Vigouroux

« Immermission » accomplie

Alors que la Terre ne peut plus assurer la pérennité de ses hôtes, le soldat Jake Sully, paraplégique, s’envole pour la planète Pandora que les Hommes (les agresseurs) veulent coloniser pour ses ressources infinies. Jack va devoir habiter un corps indigène, un Na’vi, pour infiltrer une tribu en éclaireur et préparer l’assaut. Un conflit interne le ronge alors, à mesure qu’il recouvre l’usage de la liberté (de mouvement et d’aimer)…
Œuvre attendue (11 ans depuis Titanic), inespérée (redonner des couleurs au cinéma en salle) et avant-gardiste (la 3D enfin mâture), Avatar tient toutes ses promesses. Écologie, immigration, émancipation, mise en abime de l’Histoire des États-Unis (et en partie de l’Occident), James Cameron flirte avec le film total et convie le spectateur blasé, tour de force titanesque, dans un voyage au-delà du « on a déjà vu ça » ou « comment c’est fait ? ». Objectif ? Implication générale (archétypes à tous les étages, propices à l’empathie car paradoxalement très « organiques ») et immersion totale (la technologie au secours de l’être humain, du cinéma mais pas sans respect de la nature et de celle de chacun).
Au final, une superbe démonstration du « mentir vrai », ou l’image fabriquée au profit du sentiment authentique.



Critique le 21/12/2009 par Jean-Marc Vigouroux

La plastique du numérique

Onze ans d’absence depuis le succès planétaire de Titanic, catharsis « monstrueuse » – littéralement – tant le phénomène a échappé à son créateur jusqu’à presque le dévorer de l’intérieur. Onze ans, c’est une année par Oscar décerné au film, anomalie sublime de l’Histoire du cinéma, ou comment James Cameron, cinéaste technologique par excellence (il repousse les limites du filmage à chaque métrage), remet en permanence le corps humain au centre du blockbuster hollywoodien et sublime, de fait, l’histoire d’amour par l’usage de décors écrasants et d’une mythologie idoine (Icare, le Phoenix, le Minotaure, la Tour de Babel). En un mot, un cinéaste-auteur, qui occulte contre toute attente le film catastrophe (le bateau qui coule) au profit de l’intime (la femme qui naît)…
C’est aussi la raison pour laquelle la pression monte, dans les chaufferies du septième art, depuis l’« Avatar Day » du 21 août dernier, qui a permis de découvrir gratuitement, aux quatre coins du monde, 15 minutes en 3D (époustouflantes) du nouveau titan du cinéaste canadien. Parce que l’objectif annoncé est bien de ramener massivement les spectateurs dans les salles, en proposant un spectacle unique (du jamais vu) et total (la 3D mâture, qui permet de voir, entendre et ressentir). Aussi, certainement, parce que ce projet ancien (les cent premières pages de traitement datent de 1995) marque le retour en force de Cameron a son univers de prédilection : la SF. Enfin, parce qu’Avatar nous plonge dans une double thématique passionnante (l’opposition nature/culture et le mythe de la « frontière », typiquement américain, dont l’espace est, depuis Kennedy, le nouveau territoire à conquérir), tout en creusant plus encore le sillon de l’étude du corps.
Dans Terminator (1983) et Terminator 2 (1991), l’humain est désincarné et lentement déchiqueté, pris en tenailles entre la chair fragile et la froideur insondable et indestructible des squelettes cybernétiques. Dans Aliens (1986), les corps (humains ou androïdes) sont fiévreux, malades, liquéfiés par l’acide de créatures hideuses. Seul l’usage d’un exosquelette mécanique permettra suppléer à ses carences pour le combat final. En 1989, dans Abyss, les protagonistes sont soumis aux grandes pressions des profondeurs, dont « la tremblote » est le symptôme. Dans True Lies (1994) « le » corps, celui de Schwarzenegger, est chorégraphié (la danse), exposé et dénudé. Ici, le soldat Jake Sully est paraplégique et s’envole pour la planète Pandora, que les Hommes (les agresseurs) veulent coloniser pour ses ressources infinies. Jack va devoir habiter un corps indigène, un Na’vi, pour infiltrer une tribu en éclaireur et préparer l’assaut. Un conflit interne le ronge alors, à mesure qu’il recouvre l’usage de la liberté (de mouvement et d’aimer).
Un camp à choisir entre puissance de feu et feux de l’amour, donc, problématique sublime dans laquelle James Cameron, au fil de ses films tous romantiques et camouflés en combattants d’élite, n’aura jamais réussi à trancher.





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