Vingt-deux ans après les débuts d’Ushuaïa sur TF1, devenue Ushuaïa Nature en 1998, Nicolas Hulot élargit encore le spectre des supports pour émettre son bulletin d’alerte. Télévision, fondation, livre éponyme, candidature envisagée à la Présidentielle de 2007, l’ancien environnementaliste, devenu écologiste par humanisme, durcit aujourd’hui le ton sur grand écran : il y confesse espoir et désespoir dans un patchwork de gris, qui tient plus de la gueule de bois que de la conférence filmée façon Al Gore.
Quatorze mois de tournage dans trente pays, six mois de montage, cinq cahiers de notes pour nourrir la voix-off, le duo Hulot/Jean-Albert Lièvre s’est attaché, c’est indéniable, à forger un objet « audiovisuel » inédit, d’une noirceur saisissante car pile aux antipodes des couleurs éclatantes de Yann Arthus-Bertrand. Insistant sur des contrastes herculéens pour marteler que l’uniformisation (le soda planétaire) tue la diversité écologique mais aussi culturelle, Le syndrome du Titanic ne fait plus dans le détail de l’épaisseur du trait, mais bien dans l’urgence des ravalements de façade. Et ce, en dépit de l’indisponibilité psychologique occidentale à renoncer au matériel pour un brin de spirituel. Pas de quoi danser du ventre en effet…
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