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Synopsis
La vie de Gainsbourg, du jeune Lucien Ginsburg dans le Paris occupé des années 1940, jusqu'au poète, compositeur et chanteur célébré dans le monde entier.
Le film explore son itinéraire artistique, du jeune homme épris de peinture à la consécration de sa musique dont l'avant-gardisme en a fait une véritable icône de la culture française. Mais aussi la complexité de sa vie adulte à travers ses amours tumultueuses.
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Critique le 07/01/2010 par Jean-Marc Vigouroux
Serge et les Maximonstres
Sous l’occupation, les autres sont plutôt derrière et le petit Lucien Ginsburg, lui, franchement devant. Premier à demander son étoile jaune, précoce à vouloir peindre des nus généreux en classe des Beaux Arts, pas le dernier non plus à fumer des clopes en récitant des vers d’Arthur Rimbaud, il y a toutefois que le Serge Gainsbourg « en devenir » est suivi comme son ombre par une caricature géante et baudruchée du Juif sortie d’une affiche de propagande nazie. Plus tard, c’est sa « gueule » qui se fera muse et miroir, au fil de ce destin tragi-comique et ironiquement « héroïque », dessiné par le wonder boy de la bédé Joann Sfar.
Mais voilà : Sfar nous « fait son cinéma », c'est-à-dire que Sfar nous ment... S’il impose plusieurs de ses trouvailles poétiques (le chat de Gréco qui parle, les Frères Jacques qui préparent le petit déjeuner), le dessinateur néo-cinéaste ne peut très longtemps s’extraire du chant des sirènes du biopic. Quoiqu’il prétende ne pas pister la vérité (ce sont les mots d’excuse du réalisateur en clôture de son métrage), le film bascule très vite dans l’imitation, chacun des comédiens s’échinant (souvent avec beaucoup de talent) à coller au plus proche des mimiques de son modèle. Narration vide, esthétique bancale, galerie de portraits pour les amis (on y croise la fine fleur de la chanson française), exécution gratuite (France Gall !), Gainsbourg (vie héroïque) a beaucoup du film d’auteur raté. Ce qui n’est pas grave, juste dommage.
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