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Synopsis
Frédérick fait pousser des arbres et, depuis près de soixante ans, cultive un secret. Autour de lui, seuls sa femme et son fils aîné savent la vérité sur son histoire. La mort de ce fils, avec qui il entretenait des rapports conflictuels, le conduit à révéler enfin à ses proches ce qu'il n'avait jamais pu dire.
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Critique le 17/02/2010 par Guillaume Mainguet
L'appel de la forêt et de la mémoire
Malgré leur dernier Nés en 68 rose bonbon et des échos publics plutôt tièdes, le tandem Ducastel et Martineau, dont la filmographie reste dominé par Jeanne et le garçon formidable (1997) et Drôle de Félix (2000), ne désarme pas devant une volonté politique désormais avouée à faire des films. S’essayant depuis Coquillages et crustacés (2004) à plusieurs genres, c’est au drame qu’est dédié L’arbre et la forêt.
Le filùm est un drame, politique s'il en est, dont le sujet doit rester secret pour le spectateur, souhait des deux auteurs, teinté d’un onirisme habile qui rend possible beaucoup de la modestie de la mise en scène. Les nombreuses scènes d’intérieur sont le lieu de l'exacerbation du rapport humain et d’une pression sur la parole ; le gîte familial restera le repère de chacun jusqu’à ce que le secret soit révélé, et que chaque membre de la famille soit rassasié de réponses. Le film n’est pourtant pas traversé par une ambiance pesante, mais étrangement légère ; il est le reflet juste des tensions et enjeux entre les personnes.
Ducastel et Martineau jouent alors avec l’alternance intérieur/extérieur pour valoriser l’allégorie du film, la portée symbolique et poétique de leur propos historico-politique, qui rapproche l’arbre du secret, et donc la forêt de l’Histoire (ou de la vérité inhérente). L’allégorie s’impose comme métronome du drame et évocation de l’horreur décrite dans les propos de Guy-Frédérick-Marchand.
Le film est habité par une galerie de portraits bien taillés, dont les profondeurs ne sont pas sans rappeler les récents français Conte de Noël (Desplechin) ou L’heure d’été (Assayas). La comparaison flatte le scénario dans sa construction et sa capacité à délivrer au fur et à mesure les personnages de leur vérité, et à leur donner l'épaisseur synonyme de leur résistance intérieure. En tête de la distribution et de cette famille, le couple étonnant mais juste que forment Françoise Fabian et Guy Marchand ; lui tout en retenue, elle en maîtresse empathique presque sacrificielle.
Le film connaît quelques moments de grâce et de gravité avec la musique puissante de Wagner, renforçant la dimension aérienne et jouant de ses références historiques.
Un film bien conduit et plutôt réussi.
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