Attention : grosse sensation ! Rabah Ameur-Zaïmeche signe le premier film punk algérien, son anti-Wesh Wesh, une vaste entreprise de dynamitage en règle.
Né d’une volonté de capter « pour lui » des instants épars de la vie au bled, dont la plupart des protagonistes est issue de la famille du réalisateur, c’est une fois en salle de montage, de retour à Montreuil, que Bled Number One va libérer tout son poison. Comme l’évidence de devoir à tout prix amorcer une bombe à retardement, de faire imploser les stigmates d’une Algérie archaïque, vérolée par des codes familiaux rétrogrades (les violences conjugales), l’islamisme campagnard (les milices de village), l’exclusion industrielle (la sublime séquence du bain de mer parmi les épaves géantes et rouillées) et l’inertie institutionnelle (ici, le déni médical).
A l’image des larmes du fils prodigue, joué par Rabah lui-même, qui implose littéralement au fil du retour-parabole dans cette Algérie pré ou post-apocalyptique (c’est au choix), on sort bouleversé de cette réalité cauchemardesque, teintée de la nostalgie des temps plus heureux que les accords déchirants de Rodolphe Burger illustrent « live ».
Le mot de la fin aux pensionnaires de l’hôpital psychiatrique de Constantine : « c’est eux les fous et ils sont tous dehors ! » No future…