Le premier film-annonce de Légion est probablement ce qui est arrivé de plus prometteur, depuis longtemps, dans le landerneau du genre : Dieu a perdu la foi en ses créatures et ordonne de les exterminer. Après le déluge, il y a une paille, il envoie son armée des anges pour assurer le sale boulot. Mais voila : Saint-Michel, haut gradé, fait valoir son droit à la désobéissance et se joint à un petit groupe de paumés, reclus dans une station service (« Paradise Falls ») en plein désert. Une femme, presque à terme, porte en effet l’avenir de l’humanité…
On comprend bien que le résultat ne tient pas toutes ses promesses. D’abord parce que le choix du huis clos, s’il fonctionne bien dans toute l’exposition du film, devient vite le siège d’un Alamo (et toutes ses déclinaisons plus réussies, de Assaut à The Mist) stérile et moralisateur. Ensuite parce que la mythologie n’est qu’à moitié assumée : outre le joyeux mélange entre l’Ancien et le Nouveau Testament, le script de Peter Shink évoquait en premier lieu une invasion de démons, que ces anges incarnent toujours ici on ne sait pas trop pourquoi. Enfin, si Scott Charles Stewart, ancien prodige des SFX, mène sa barque au mieux des moyens (restreints) du bord, servi par un casting très impliqué, son allégeance un rien servile aux classiques du genre (Terminator en tête) confère à son Légion un goût de déjà-vu plutôt que de reviens-y.