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Synopsis
En 1972, une échelle de mesures à prendre contre les aliens a été mise en place. Lorsqu'une soucoupe volante est signalée, il s'agit d'une rencontre de premier type. Lorsque les preuves sont établies, il s'agit d'une rencontre de deuxième type. Lorsqu'il y a contact avec des extra-terrestres, c'est le troisième type.
Le niveau suivant, l'abduction, est le quatrième type (the fourth kind). Ce niveau a toujours été le plus difficile à décrire et à isoler. Jusqu'à maintenant...
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Critique le 07/07/2010 par Jean-Marc Vigouroux
A Nome in the dark
Nome, petite bourgade (forcément) isolée de l’Alaska. Plusieurs patients du Dr Abigail Tyler sont atteints de troubles du sommeil, dont les symptômes semblent converger : lors des séances d’hypnose, qu’elle prend soin de filmer, ils revivent toutes et tous l’« innommable », dont le premier souvenir est toujours un hibou à leur fenêtre et des voix dans leurs têtes. Elle-même très marquée par la mort violente de son mari, la psychiatre replonge soudain en plein cauchemar lorsqu’à l’issue d’une séance saisissante l’un de ses patients abat femme et enfants avant de se suicider…
Inutile de dire que l’enjeu de The Fourth Kind n’est pas dans le suspense ou le dénouement, puisque tout est dans le titre en anglais (le choix du distributeur français, plus putassier au regard du succès récent du film de Oren Peli, n’a par ailleurs pas grand sens) : les rencontres du « quatrième type » sont celles qui, dans la nomenclature des phénomènes extraterrestres, qualifient les enlèvements (et plus seulement les contacts visuels ou physiques), ces fameuses « abductions » – et les expériences chirurgicales qui vont avec – qui ont alimenté l’imaginaire collectif occidental et celui de bon nombre d’auteurs de nouvelles, de romans, de séries-télé et donc de films. Mais l’essentiel de l’intérêt (véritable) que l’on porte à celui-ci est ailleurs, notamment dans l’expérimentation de cette notion fondatrice du cinéma qu’est la co-construction : d’un côté, le réalisateur Olatunde Osunsanmi, qui joue à fond la carte du réalisme en multipliant les sources documentaires (mais fausses) pour impliquer le spectateur dans un effet de réel confondant. De l’autre, le quidam, qui brûle pendant tout le film, en dépit des artifices multiples, de vouloir croire au destin tragique d’Abigail Tyler (tour à tour incarnée par Milla Jovovich et une fausse/vraie elle-même) et de ses enfants, comme un miroir des possibles de ses propres angoisses.
En dépit des critiques assassines des journalistes anglo-saxons, vexés lors de sa sortie en 2009 car pris au piège par un dispositif de manipulation totale (faisant croire à une histoire vraie comme Blair Witch en son temps), Phénomènes paranormaux est un objet filmique plus passionnant qu’il n’y paraît, dans son jusqu’auboutisme à multiplier les supports (audio, photo, vidéo et cinéma), les points de vue (split-screens mettant en parallèle les images réelles et leur reconstitution, plateau de télé, narration en voix-off) et les émotions (le final est, mine de rien, assez déprimant).
Plus technique qu’organique, le film oscille alors entre cinéma (donc illusion) et cinématographe (volonté d’écrire le réel, jusqu’à le caricaturer), entre « documenteur » et documentaire (sur l’illusion au cinéma, précisément), entre Méliès et Lumière, lumière et néant…
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Présenté en ouverture du 28ème Festival du Film Fantastique de Bruxelles
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