Synopsis
Bienvenue dans le monde de OZ : la plateforme communautaire d'internet. En se connectant depuis un ordinateur, une télévision ou un téléphone, des millions d'avatars alimentent le plus grand réseau social en ligne pour une nouvelle vie, hors des limites de la réalité.
Kenji, un lycéen timide et surdoué en mathématiques, effectue un job d'été au service de la maintenance d'OZ. A sa grande surprise, la jolie Natuski, la fille de ses rêves, lui propose de l'accompagner à Nagano, sa ville natale. Il se retrouve alors embarqué pour la fête traditionnelle du clan Jinnouchi. Il comprend bientôt que Natsuki ne l'a invité que pour pour jouer le rôle du " futur fiancé " et faire bonne figure vis a vis de sa vénérable grand mère. Au même moment, un virus attaque OZ, déclenchant catastrophe sur catastrophe au niveau planétaire.
Avec l'aide de Kenji, tout le clan Jinnouchi se lance alors dans une véritable croisade familiale pour sauver le monde virtuel et ses habitants...
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Critique le 01/05/2010 par Jean-Marc Vigouroux
Un été en pente raide
Dire que La traversée du temps (2007) nous avait laissés émus, sourire un rien béat, comme une belle alternative animée aux chefs-d’œuvre d’Hayao Miyazaki ou d'Isao Takahata, relève de l’euphémisme. Loin d’être un coup d’épée dans l’eau, rebelote, trois ans plus tard, avec Summer Wars, petit bijou du réalisateur Mamoru Hosoda, néo « cinéaste » après avoir été longtemps cantonné aux travaux de commande pour la Toei – ce qui n’est pas, à l’évidence, une si mauvaise école.
S’il confesse avoir imaginé le film à l’occasion de la première rencontre avec sa belle famille, Hosoda a su mener sa prémisse jusqu’au sujet authentique, en épousant le concept de communauté à l’infini de ses acceptions, réelle et virtuelle. Summer Wars relate en effet l’été un peu fou d’un lycéen nerd, prénommé Kenji, prodige du calcul mental et magicien de la modération en stage chez Oz : un monde virtuel structuré (Internet, téléphone, Facebook et consorts), où les avatars de la grande majorité de la population nippone vivent en parallèle, au fil d’activités de divertissement et de créativité. Jusque-là, et en dépit de cet abîme sans fond un poil tentaculaire, rien de dramatique à l’horizon. Sauf que Kenji a accepté la proposition saugrenue de la plus belle fille du lycée, qui consiste à se faire passer pour son fiancé lors de la grande réunion de famille dans la maison de campagne (un matriarcat très traditionnel, autour d’une grand-mère citoyenne). Un défi a priori insurmontable, surtout pour un hacker particulièrement inadapté aux relations humaines… et nombreuses, de l’arrière-petit fils aux tontons gâteux, en passant par les cousins flics ou pompiers. Cerise sur le sushi : un certain « Love Machine » a infiltré Oz pour détruire l’économie du pays, et les autorités sont persuadées que Kenji en est le responsable…
Si l’univers de Oz a plus à voir avec les Digimon d’antan (ou les publicités d’aujourd’hui et demain), Mamoru Hosoda ne s’y trompe pas : l’animation est ici au service d’un film social, d’une comédie de mœurs qui photographierait le Japon bicéphale, entre défense des repères familiaux et des racines historiques, que les uns rabâchent jusqu’à l’absurde, et l’individualisme déresponsabilisé et le déshonneur d’une nation industrielle et nostalgique. C’est sur ce paradoxe, ainsi que sur quelques paraboles (le retour du fils prodigue notamment), qu’Hosoda construit le ciment de son humanisme, où fleurissent les thématiques universelles (et tellement efficaces) de l’injustice, du jugement hâtif, de la trahison, du deuil et des vanités.
Drôle et émouvant, Summer Wars ravit le geek autant que le cinéphile, la science-fiction prenant ici autant de corps et de chair qu’un portrait de famille en prise de vue réelle. Sans manichéisme aucun, Hosoda signe un pur film de genre(s), ambitieux et intelligent, tendu jusqu’à la dernière seconde d’un compte à rebours apocalyptique, qui nous met à mal les nerfs, comme un estomac plein sur un trampoline. Un grand film, donc, à ne manquer sous aucun prétexte !
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En compétition au 28ème Festival du Film Fantastique de Bruxelles
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