Une fois n’est pas coutume, la trilogie Millénium au cinéma (le dernier opus sortira en salle le 28 juillet prochain) est la version courte d’une série-télé en six épisodes d’1h30, très fidèle aux polars de Stieg Larsson. Aux manettes de cette suite, Daniel Alfredson (le frère du réalisateur de Morse) remplace Niels Arden Oplev, sans que la saga ne perde de sa froideur brutale, ni de son étude des mœurs suédoises.
Un an après la résolution de l’affaire Harriet Vanger, Lisbeth Salander et Mikael Blomkvist semblent chacun avoir tourné la page. Elle dans l’anonymat que lui offre l’argent détourné. Lui dans le travail de journaliste d’investigation, relancé par un nouveau brûlot autour de réseaux de prostitution. Mais l’assassinat de son détraqué de tuteur va plonger Lisbeth dans un nouveau déballage de secrets de famille mortifères…
Forcément plus verbeux – et moins « explosif » – que d’autres thrillers à la sauce américaine, Millénium n’en demeure pas moins une réussite inédite sur tous ses supports. Cette version revisitée de la « petite fille aux allumettes », si elle manque toujours un peu de panache dans sa mise en scène, sans véritable parti-pris, plonge néanmoins le spectateur dans une strate additionnelle et plus profonde de son mille-feuille narratif, explorant notamment l’interdépendance, même à distance, des trajectoires gémellaires de nos deux antihéros. Les quelques rebondissements dramatiques font mouche, de nouveaux antagonistes aussi, notamment ce géant blond qui n’a rien d’un ange…
Mais s’il ne devait demeurer qu’un seul argument : Noomi Rapace, découverte incontestable de la série, trimballe, ici encore, une animalité asociale avec la sècheresse d’un coup de trique et une politique assumée du père brûlé. Ce qui est très « commerçant »…