Dix ans après le labyrinthique Cube, qui étudiait les relations humaines au rang de simples rats de laboratoire, puis plombé par l’échec commercial cuisant de Cypher, film d’espionnage industriel pourtant très inspiré, Vincenzo Natali a appris sur le tas les bienfaits du « do it yourself » : l’obsession de la valeur travail qu’il bonifie (Nothing) par le temps de la réflexion et celui d’une coproduction (Gaumont a remplacé les frères Weinstein) moins pressée de rentabiliser la recette du réchauffé.
Bilan ?
Une petite claque intitulée Splice, qui revisite le Frankenstein de Mary Shelley autant que La mouche de Cronenberg : un couple de généticiens manipule ici l’ADN sans vergogne, en quête de guérisons génomiques miracles. Sauf qu’ils « accouchent » d’un être hybride, une fille mi-humaine, mi-animale, qui ne va pas tarder à leur faire une crise d’ado musclée…
Encouragé par Guillermo Del Toro (Le labyrinthe de Pan, ici producteur exécutif) dans la voie de l’expression thématique totale, analytique (l’enfant de substitution qui met à mal le ciment du couple) et divertissante (le genre au premier degré), Natali, en auteur mature, livre une œuvre passionnante et – chez certains – un peu dérangeante.