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Ce film n'est pas à l'affiche cette semaine
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Synopsis
Syracuse, un pêcheur irlandais, découvre un jour dans son filet une femme prénommée Ondine, dont il est persuadé qu'il s'agit d'une sirène.
Au fur et à mesure qu'Ondine s'intègre dans la communauté, plusieurs théories émergent quant à sa nature, tandis que Syracuse commence à tomber amoureux d'elle...
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Critique le 12/07/2010 par Jean-Marc Vigouroux
Tout ce qui conte
Double retour aux sources pour Neil Jordan : celles du fantastique, dans lequel il s’est illustré notamment avec La compagnie des loups (1984) ou Entretien avec un vampire (1994), et surtout en terre natale, l’Irlande, avec cette histoire de sirène échouée dans le filet d'un pêcheur mutique et bourru, séparé de sa femme et en garde alternée de sa fille handicapée.
Conte moderne, film d’auteur, revisitation des légendes celtiques (les Selkies, dans le folklore des Shetland, sont de superbes naïades qui revêtent la peau du phoque comme d’autres la toison du loup-garou), Ondine - du nom de la belle repêchée – entretient sciemment le flou artistique, au fil de ses cartes postales superbes, entre mythe et réalité. D’une part parce que le film est narré à hauteur d’yeux de Syracuse le pêcheur (le meilleur rôle à ce jour de Colin Farrell), dont le sens du réel est celui d’un adolescent grandi trop vite, relayé par les espoirs de sa fille, qui retrouve auprès d’Ondine la liberté aquatique du mouvement (l’une et l’autre partagent la problématique des jambes) et un rapport à la féminité que son handicap interdit d’envisager comme d’autres petites filles de son âge.
Tableau émouvant du quotidien d’un petit port irlandais, dans sa rudesse, sa pauvreté, sa foi à géométrie variable et sa spontanéité, Neil Jordan signe un film attachant, servi par une photographie remarquable et un final brut sans être, fort heureusement pour le spectateur, trop cynique. Fidèle à ses retournements de situations (The Crying Game), le cinéaste s’offre un bain de jouvence avant de se lancer dans l’éreintante série Les Borgia.
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Présenté en Compétition européenne du 28ème Festival du Film Fantastique de Bruxelles
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