Dans les années 50, dans les coins reculés des Etats-Unis, on n’a que deux choix de vie possibles : ou l’on est quelqu’un de respectable, ou on vaut moins que rien. Adjoint du marshal du coin (mais sans avoir besoin de porter une arme tant les malfrats ne sont pas légion), Lou Ford est un homme bien sous tous rapports, à qui l’on donnerait le Bon Dieu sans confession. En apparence seulement, puisque le jeune homme, sous une humeur toujours égale, cache en fait un bon lot de déviances ainsi qu’un certain goût pour la violence, gratuite ou par représailles. Un penchant naturel qui va le conduire à s’enferrer dans un plan machiavélique, digne de ceux des frères Cohen (Fargo)…
Décidément, Michael Winterbottom est le réalisateur de tous les genres : le documentaire avec The Road to Guantanamo ou La stratégie du choc, l’adaptation littéraire avec Jude, le drame romantique avec Go now !, la comédie avec Tournage dans un jardin anglais ou encore le polar revisité avec ce dernier opus, dont le scénario est également tiré d’un roman, de Jim Thompson.
Mi-figue mi-raisin, The Killer inside me mêle la fantaisie à la froideur brutale, la contemplation à la violence. Une performance en partie due à l’interprétation de Casey Affleck (L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford), qui rivalise de sombre ironie derrière sa voix traînante, presque pleurnicharde. Il incarne ici un homme qui assume totalement ses actes, et dont les mobiles passent au second plan.
Parfaitement réalisé (comme à chaque fois que Winterbottom s’attaque à un projet), le film est un vrai régal, grâce à la voix off et aux dialogues très fins, ou encore au montage millimétré. Le réalisateur sans étiquette fait mouche, avec un film tout simplement irréprochable.
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Présenté hors compétition au 28ème Festival du Film Fantastique de Bruxelles