Ne Coupez pas !

Kamera o tomeru na!
Genre : Comédie zombie
Sortie le : 24/04/2019 (01H36)
Réalisateur : Shin'ichirô Ueda
Acteurs : Takayuki Hamatsu, Yuzuki Akiyama, Harumi Shuhama

Le tournage d'un DTV horrifique bat son plein dans une usine désaffectée. Techniciens blasés, acteurs pas vraiment concernés, seul le réalisateur semble investi de l'énergie nécessaire pour donner vie à un énième film de zombies à petit budget. Pendant la préparation d'un plan particulièrement ingrat, le tournage est perturbé par l'irruption d'authentiques morts-vivants...

Bande Annonce : https://www.youtube.com/watch?v=wULyAyY6-UE



Critique

Par Jean-Marc Vigouroux - posté le 22/04/2019

Le cinéma à tout (petit) prix

Petit film de fin d’études au budget microscopique de 20 000 euros, One cut of the Dead (traduit laborieusement Ne coupez pas ! pour sa sortie dans les salles hexagonales le 24 avril) en a déjà rapporté 30 millions à travers le monde. Sans compter la standing ovation de plus de cinq minutes lors de son avant-première mondiale… Difficile, donc, de défendre cette pépite inattendue, véritable déclaration d’amour au cinéma des artisans et de l’huile de coude, sans trop en dévoiler. Sachez toutefois que tout débute par le tournage d’un énième navet poussif surfant sur la vague déjà très retombée de la série Z de zombie, avec hangar désaffecté, scream-queen hystérique, lentilles blanches et joues talquées pour l'unique revenant, titubant sans classe ni conviction. Seul le réalisateur, excédé, semble conscient du carnage. Quand soudain des techniciens se transforment eux-mêmes en zombies vomissant, que les acteurs flippent pour de vrai, que le réalisateur en profite pour continuer de filmer à grands cris (« Action ! ») la terreur non feinte, le film devient un plan-séquence foutraque de 37 minutes non-stop, délicieusement mal cadré, mal rythmé, mal dialogué… Mais l’heure qui suit devient tout bonnement hilarante, autant qu’émouvante ! Car en citant, détournant, amalgamant et digérant tous les codes du genre, Shin’ichiro Ueda signe une ode aux passionnés du cinéma, aux bricoleurs de rêve, qui donnent tout ce qu’ils ont – et n’ont pas – pour que la magie opère coûte que coûte. Pamphlet anti-starlettes, anti-studios, anti-télé, anti-auteurisme, à l’énergie folle et communicative, One Cut of The Dead donne la banane et l’envie de faire des films, tout en s’offrant le luxe de déployer un propos solide sur la transmission. What else ?

Jean-Marc Vigouroux