Portrait de la jeune fille en feu

Genre : Drame, Historique
Sortie le : 18/09/2019 (02H00)
Réalisateur : Céline Sciamma
Acteurs : Noémie Merlant, Adèle Haenel, Luàna Bajrami…

1770. Marianne est peintre et doit réaliser le portrait de mariage d’Héloïse, une jeune femme qui vient de quitter le couvent. Héloïse résiste à son destin d’épouse en refusant de poser. Marianne va devoir la peindre en secret. Introduite auprès d’elle en tant que dame de compagnie, elle la regarde.

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Critique

Par Mathieu Perrichet - posté le 13/06/2019

Les feux de l'amour

Après le punchy Bande de filles, la réalisatrice Céline Sciamma (Naissance des pieuvres, Tomboy) revient aux affaires avec un film plus intimiste. Portrait de la jeune fille en feu dépeint avec brio l’histoire d’amour entre deux jeunes femmes au XVIIIe siècle. Une peintre et son modèle. Chaque étape de l’éphémère idylle y est décrite avec justesse et finesse. Des premiers émois déstabilisants au déchirement final, en passant par le jeu de séduction plein de sous-entendus, l’exaltation des sens, les délices de la chair, la complicité partagée, la confusion des sentiments, etc. De bout en bout, le public est invité à contempler cette chorégraphie des émotions, comme il admirerait une toile. De la même façon que l’artiste Marianne - interprétée par la lumineuse Noémie Merlant, observe avec attention les courbes du corps de Héloïse - incarnée par une Adèle Haenel fidèle au talent qu’on lui connaît - pour en extraire la substantifique moelle. Ce film charnel et sensuel, sensible et esthétique, démontre une fois de plus que le coeur a ses raisons… A l’instar de celui de Roméo et Juliette, on vit cet amour - forcément passager car impossible - avec intensité. La cinéaste et les comédiennes parvenant parfaitement à nous faire ressentir la force de cette attractivité irrationnelle. La beauté de cet ardent désir qui consume les coeurs comme un feu se propage et dévore tout sur son passage. En donnant à voir, sans mièvrerie et avec réalisme, des sentiments universels et profondément humains, le film happe d’emblée le spectateur dans cette romance contrariée. D’autant que, si certains en doutaient, loin d’être militant, dogmatique ou communautariste, ce long métrage, auréolé du Prix du scénario et de la Queer Palm lors du dernier Festival de Cannes, s’adresse bel et bien à tout le monde. Contant tout simplement une très belle histoire d’amour.

Mathieu Perrichet


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