People/Cinema - Par Mathieu Perrichet - posté le 07/04/2016

Rencontre avec Manu Payet, Joe Bel et Cyril Gelblat

Huit ans après Les Murs porteurs, le cinéaste Cyril Gelblat dévoile son deuxième long métrage. Une comédie sentimentale dans l’air du temps sur l’amour, la lassitude mais aussi la famille avec notamment Manu Payet et Joe Bel.

Comment Tout pour être heureux est-il né ?
Cyril Gelblat : Il s’agit d’un film très librement inspiré d’Un coup à prendre, le livre de Xavier de Moulins. En fait, lorsque je suis devenu moi-même père, j’ai eu envie de faire un film sur la paternité et c’est alors que j’ai entendu parler de ce roman. J’ai aimé l’angle par lequel il abordait la chose. Je suis donc parti de cette base et j’ai ramené ce qu’il disait à mon existence, à mon expérience de père.

Il y a donc beaucoup de vous dans ce film ?
Cyril Gelblat : Outre le fait que l’une des deux filles qui joue dans le film soit la mienne, j’ai mis beaucoup de choses assez personnelles dedans en effet. Et, comme Manu Payet n’était pas père, il s’est pas mal inspiré de moi pour créer et interpréter le personnage d’Antoine. Pour l’anecdote, la vanne avec François Hollande au téléphone est une situation qui s’est réellement passée avec ma fille un jour à table. Cela dit, il ne s’agit pas d’une histoire qui raconte ma vie.

Le scénario était-il très écrit ?
Cyril Gelblat : On est dans un film qui change au niveau des émotions, des tons. Le scénario n’était pas figé. La matière était vivante et bougeait tous les jours. Je me suis levé très souvent au petit matin pour réécrire des scènes et il y a eu de l’impro.

Comment définiriez-vous votre film ?
Cyril Gelblat : Antoine est un homme que l’on découvre assez dilettante au début du film. Il a été infantilisé par sa femme et a un peu démissionné de son rôle de père. Le film raconte comment ce type a eu besoin de quitter le foyer pour redécouvrir ses filles. Néanmoins, la volonté était de ne pas s’attarder sur la séparation car il s’agit d’une thématique régulièrement abordée au cinéma. Je voulais donc évoquer le sujet sous un autre angle et c’est ce qui m’a plus dans le livre de Xavier de Moulins.

Comment avez-vous pensé à Manu Payet pour incarner Antoine ?
Cyril Gelblat : Après un processus d’écriture un peu long, on a vraiment façonné des personnages aboutis et c’est après que l’on a réfléchi à leur incarnation. Moi je voulais filmer, mettre en scène tout ce qu’il y avait avant la séparation. Je voyais en Manu Payet une part plus ombrageuse que l’on peut généralement lui connaître. Avec lui, il n’y avait pas d’évidence mais ça collait justement au personnage. Et puis, j’aime beaucoup son humour, son rythme.

Manu Payet, pourquoi avez-vous accepté de jouer dans ce film ?
Manu Payet : J’ai adoré le scénario dès la première lecture et je me suis dit qu’il fallait que je compose un Antoine à la hauteur de l’histoire. N’étant pas père, j’ai beaucoup appris au contact des filles de Cyril et je très fier du résultat.

Pourquoi avoir choisi Audrey Lamy pour incarner la femme d’Antoine ?
Cyril Gelblat : Je ne voulais pas de ces comédiennes que l’on a l’habitude de voir dans les comédies romantiques, un peu trop lisses et stéréotypées. En voyant Audrey dans Polisse notamment, elle m’a convaincu. J’aime le côté réaliste qu’elle dégage.

Comment avez-vous pensé à Joe Bel pour jouer dans le film ?
Cyril Gelblat : Je voulais une chanteuse pour incarner ce rôle dans le film. On a donc fait le tour des maisons de disque pour la trouver. Quand je l’ai entendue, cela a été un vrai coup de cœur musical. Elle correspond à la musique que j’aime. C’est une pépite, un diamant brut comme le dit Antoine dans le film. Il s’agit de son premier rôle et elle est formidable.

Comment avez-vous vécu cette première expérience cinématographique ?
Joe Bell : Cela a été une expérience incroyable car je n’avais jamais pensé faire un jour du cinéma dans ma vie. Donc cette proposition de chanter et de faire de la comédie à la fois a été une vraie surprise. Ca a été très enrichissant pour moi. Même pour mon métier de chanteuse. Durant le tournage, j’ai appris à lâcher prise, à entrer dans une vérité instantanément, à m’oublier et à aller chercher en moi-même.

Mathieu Perrichet

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Sortie : 13/04/2016

Antoine, bientôt quarantenaire, dilettante, égoïste et insatisfait ne s’est jamais réellement senti investi d’une mission pour s’occuper de ses filles, âgées de 5 et 9 ans.